Marquee › ven. 20 août 12:05 › 13:05
« Il est trop tôt pour le rock ! Parlons un peu ! » Henry Rollins pose son sac à dos sur le plancher de la Marquee pour proposer de son regard vif d’américain averti, avec humour et intelligence, un état des lieux du monde dans lequel on vit, avec ses travers, ses absurdités et ses contradictions, ses espoirs aussi.
Pendant une heure, tout y passe : son crédo “anti-*Bush*” viscéral, son Amérique et ses dysfonctionnements profonds, ce pays qu’il aime mais qu’il ne comprend pas toujours et qui le désole souvent, son nouveau président Barack « Hussein » Obama, dont il cite fièrement le nom et qui le remplit d’espoir, les horreurs absurdes qui nous entourent et son combat contre le renoncement trop facile de chacun face aux défis monumentaux qui se dressent devant nous pour espérer vivre dans un monde meilleur. Le flux de ses mots est régulier, parfait et porté par une voix nette et décidée, ce qui rend l’ensemble hypnotisant. On écoute jusqu’au bout, promis! Quelques mots-clés sont à retenir : paix, liberté, démocratie et solidarité. D’autres sont à bannir : homophobie et racisme surtout. « Qui rêve d’avoir un enfant qui veut tuer un homosexuel ? » C’est simple mais cela fait réfléchir. L’influence du combat de Mandela sur lui et sur le monde est très présente aussi dans son discours. Ses multiples expériences hors de ses terres aussi: surtout les plus troubles, celles qu’on lui déconseille et qui l’attirent le plus. Comme au Pakistan notamment quand il s’aventure « dangereusement » dans les rues au lendemain de l’assassinat de Benazir Buttho. Il y croisera surtout des hommes qui pleurent la mort de leur leader…
L’audit mondial n’est pas flatteur et n’inspire pas la franche rigolade mais il y croit et a besoin de nous dans ce siècle qu’il veut voir être celui du changement. Il veut nous voir curieux de tout, ouvert au monde et nous invite au voyage, sans limite ni craintes. « Partout, il y a de la bonne musique, de la bonne « bouffe » et de quoi se créer des souvenirs incroyables. » Avec le carnet de voyages qu’il trimballe avec lui, on est tenté de le croire et de le suivre dans son rêve qui devient plus réel au fil de ses mots. Nous sommes les acteurs principaux de cette utopie, il ne veut pas qu’on l’oublie. Henry Rollins repart comme il est arrivé, le sac sur son dos. L’appel du jour est passé. Il ne tient qu’à nous de transformer l’essai en bonnes résolutions.
8/10